09-06-2026 15:51 - La France interdit l’accès de son territoire au ministre d’extrême droite israélien Bezalel Smotrich
LE MONDE -
Le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a annoncé, mardi 9 juin, l’interdiction d’accès au territoire français du ministre israélien d’extrême droite Bezalel Smotrich, en raison de sa politique qui « promeut activement l’annexion de la Cisjordanie ».
Cette interdiction a été décidée « avec nos partenaires britannique, canadien, australien, néo-zélandais et norvégien » dans le cadre de nouvelles sanctions contre les « responsables de l’intensification de la colonisation et des violences en Cisjordanie », est-il précisé.
« Les colons extrémistes violents, avec l’appui de leurs partisans, continuent de mener des attaques contre les Palestiniens et de violer leurs droits de l’homme. Ils ont recours à la violence pour déplacer les Palestiniens, détruire leurs biens et poursuivre la colonisation illégale », détaille le texte.
« Il y a trop longtemps que les colons violents agissent presque en toute impunité tandis que l’expansion des colonies et la création d’avant-postes se poursuivent avec le soutien et l’aide du gouvernement israélien. Dans certains cas, les colons commettent des violences sous la protection des forces de sécurité israéliennes. »
« Nous demeurons prêts à prendre de nouvelles mesures si le gouvernement israélien n’agit pas rapidement pour remédier à la situation sur le terrain », conclut le communiqué.
Deuxième ministre israélien visé par une telle mesure
« Bezalel Smotrich promeut activement l’annexion de la Cisjordanie, qu’il revendique ouvertement, la création de nouvelles colonies en Cisjordanie, la recolonisation de Gaza, l’effondrement économique de l’Autorité palestinienne et ses conséquences délétères sur la population palestinienne : c’est une politique que ne peut accepter l’écrasante majorité de la communauté internationale, fermement attachée à la solution à deux Etats », a par ailleurs écrit Jean-Noël Barrot sur le réseau social X.
« Quatre responsables d’organisations de colons et 21 colons violents » sont également interdits de territoire français, a ajouté le ministre, sans détailler ces mesures ni préciser le nom des personnes visées.
Israël a aussitôt dénoncé des « mesures honteuses », dans un communiqué du porte-parole du ministère des affaires étrangères, Oren Marmorstein. « La véritable essence de ces démarches réside dans la tentative d’imposer une position politique concernant le droit des juifs à s’installer sur la terre d’Israël et au sujet du conflit israélo-palestinien, le tout camouflé en mesures prétendument dirigées contre la violence », a-t-il jugé.
C’est le deuxième membre du gouvernement israélien visé par une telle mesure après le ministre de la sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, autre figure de l’extrême droite, interdit d’entrer sur le sol français depuis le 23 mai, après la diffusion d’une vidéo de militants de la flottille pour Gaza agenouillés et mains liées.
Israël occupe la Cisjordanie depuis 1967. Les violences liées au conflit israélo-palestinien ont explosé dans ce territoire en marge de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l’attaque terroriste sans précédent du Hamas sur Israël le 7 octobre 2023.
Depuis, au moins 1 080 Palestiniens, parmi lesquels de nombreux combattants, mais aussi beaucoup de civils, ont été tués en Cisjordanie par des soldats ou des colons israéliens, selon un décompte de l’Agence France-Presse à partir de données de l’Autorité palestinienne. Dans le même temps, d’après des données officielles israéliennes, au moins 46 Israéliens, des civils et des soldats, y ont été tués dans des attaques palestiniennes ou lors d’opérations militaires.
Le Monde avec Reuters
